Renoir, le film

Publié le 27 Janvier 2013

Renoir, le film

Alors c'était comment Renoir ?

Pas mal du tout.

Quand j'ai vu la bande-annonce, je me suis dit qu' "oh non on va encore nous ressortir un biopic en costumes doublé d'une histoire d'amour mièvre ".

Mais c'était le genre d'idée préconçue totalement fausse, on ne s'ennuie pas malgré quelques (rares) longueurs, l'ensemble est dynamique et les images sont magnifiques, baignées d'une claire lumière, on a l'impression que chaque plan est un tableau tellement tout est soigné (les costumes portés par Christa Theret <3 ).

Cette lumière c'est celle d'une jeunesse incandescente, celle d'Andrée la modèle qui devient muse du peintre, amante de son fils, qui veut dévorer la vie à pleines dents et finira seule oubliée de tous tandis que son ancien mari sera acclamé à Hollywood. Mais le film porte uniquement sur les premiers jours du couple qui se rencontre dans la maison paternelle alors que Jean, revenu blessé de la guerre de 14 se repose avant de retourner au combat.

Christa Theret, qui l'interprète, est une actrice qui m'avait pas franchement bluffée avant (même pas dans LOL) mais là franchement elle est toute l'énergie du film, elle est celle qui lui donne son rythme, son dynamisme apporte sa jeunesse et sa modernité au film et dépoussière l'image de la muse.

Mais l'histoire qui domine toute en finesse le film est celle de la relation entre un père et son fils, tous les non-dits, la peur de décevoir derrière l'admiration qui tétanise et la difficulté de s'émanciper des volontés de ceux qui nous ont tout donné.

Le père c'est Michel Bouquet, posé qui apporte le contrepoids à l'insouciance et la folle envie de vivre d'Andrée, mais joue avec délicatesse un homme qu'on croit plein de sagesse, auréolé de son succès mais en fait à la limite de l'égoisme et de l'égocentrisme.

Enfin le dernier, et non des moindres, protagoniste de cette intrigue, c'est le corps, celui plein de sensualité d'une muse au soleil, meurtri et pitoyable, d'un homme dans la fleur de l'âge et blessé par une guerre et stupide et pour finir celui diminué, d'un homme au crépuscule de sa vie.

Renoir, le film
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